Comme vous le savez, depuis avril et la sortie des versions 2026 des logiciels, de nouvelles capacités de capture de la réalité avec Recap Pro et Revit ont fait leur apparition. Nous avions d’ailleurs consacrés plusieurs articles à ce sujet, que ce soit ici, ou .

Pour cette démonstration, nous allons nous appuyer sur un nuage de points fourni par le revendeur de scanners BuildingPoint by Geotopo, réalisé à l’aide d’un scanner statique Trimble X9. Il s’agit d’une usine, qui était en cours d’exploitation au moment du relevé.

Voyons maintenant comment les nouvelles fonctionnalités peuvent être mises à contribution

1 – Maillage du nuage de points

L’étape de maillage du nuage de points va être de plus en plus déterminante dans les workflows de reality capture. En effet, les nuages ont l’avantage d’être plus légers que les nuages, mais aussi potentiellement plus intelligents. A titre d’exemple, une nuage Recap Pro de 4.0 Go devient un maillage *.rcmr pour Revit de seulement 0.9 Go :

Ces capacités de maillage font suite au rachat de la société Pointfuse il y a 2 ans, et à l’intégration progressive de leurs outils dans Recap Pro. Depuis Recap Pro 2026, il est donc possible de mailler le nuage, avec un calcul qui s’effectue en local (le calcul cloud qui nécessite des crédits et qui existe depuis plusieurs années n’utilise pas le nouvel algorithme). De nombreuses configurations sur la qualité du maillage, la résolution des textures ou le pourcentage de mémoire alloués au calcul sont possibles :

On notera également que si le maillage est colorisé, ce sont les couleurs des points qui seront utilisés pour générer la texture.

Maillage avec texture généré à partir du nuage de points colorisé

2 – Editer le maillage

Recap Pro est désormais équipé d’un « Editeur de Maillage » qui permet d’afficher le maillage généré et de travailler sur la classification. A l’heure actuelle, la classification doit être faite manuellement, mais cela peut aller très vite comme nous allons le voir (la classification automatisée par IA est actuellement disponible en bêta).

Le maillage a transformé le nuage de points en objets. Pour classifier des éléments, il n’est donc pas nécessaire de sélectionner précisément les points que l’on veut classer : il suffit de faire un clic gauche dans la zone, et tous les points considérés apartenir au même objet par l’algorithme sont sélectionnés d’un coup.

L’exemple le plus évident est la classification du sol. On effectue un clic gauche sur une zone, et tous les points du sol sont selectionnés. Comme le maillage est réalisé par tuiles, il faut cliquer sur un élément de chaque tuile, et le tour est joué. Sur l’image ci-dessous, j’ai sélectionné toutes les mailles du sol en 4 clics :

En rose, les éléments du sol sélectionnés en quelques secondes

En procédant ainsi, je peux classifier tout le sol de mon usine en quelques secondes seulement. Une fois le sol classifié, on peut le désactiver pour le cacher, et il devient alors très simple de sélectionner tous les éléments considérés comme du bruit pour le nettoyage :

En rose, le bruit que je peux facilement supprimer ou mettre dans une classe dédiée

Résultat, en quelques minutes on arrive à passer d’un maillage très bruité (relevé réalisé en exploitation avec beaucoup de circulation) à un nuage propre et non bruité :

Il ainsi possible, si besoin, de classifier l’intégralité du nuage et isoler ou afficher des couches en fonction de l’utilisation, ce qui sera très utile dans Revit notamment :

Sur cet exemple, seule la structure métallique est affichée

3 – Utilisation dans Revit

Pour pouvoir utiliser le maillage dans Revit, un nouveau format *.rcmr (Recap Mesh Revit) a été créé :

Tout comme avec les nuages de points, il est possible d’afficher le maillage produit dans Revit. Ce maillage n’est pas ajouté au fichier, il est « lié » et est donc visible dans le projet Revit sans augmenter son poids.

Création de famille et simulation

Il est possible de transformer un élément classifié du maillage, en une famille Revit. La première étape pour cela est d’importer la donnée du fichier *.rcmr directement dans le fichier Revit. Sur cet exemple, je vais importer ma classe « Equipement » :

On peut alors sélectionner l’un des éléments importés, ici une station de travail, et choisir de la transformer en famille. On choisit le gabarit de famille à utiliser, le nom de la famille, le niveau de référence, puis on crée la famille :

Un cas d’usage de cela est que l’on peut désormais utiliser cet objet comme une famille classique Revit. On peut par exemple simuler le déplacement ou l’ajout d’une autre station de travail à un autre endroit dans le modèle et vérifier que le positionnement :

L’un des avantages est que cela n’a nécessité aucune modélisation pour arriver à ce résultat. On travaille uniquement avec le maillage que l’on manipule et déplace pour simuler des modifications et confirmer la faisabilité.

Modélisation

Un autre avantage de l’utilisation d’un maillage classifié par rapport à un nuage de points, et la possibilité de n’afficher que les éléments qui nous intéressent. Par exemple, pour modéliser la structure métallique du bâtiment, on peut isoler la classe « Structure » et ne pas s’encombrer des autres éléments relevés par le scanner.

Sur l’image ci-dessous, les éléments à modéliser sont parfaitement identifiés et visibles, et le projeteur va ainsi pouvoir gagner du temps lors de l’interprétation des données et la vectorisation :

De la même manière, si l’on veut positionner très rapidement tous les luminaires, on peut les isoler pour les identifier plus vite (on pourrait même imaginer ne pas les remodéliser du tout si les objets maillés sont suffisants en terme de représentation) :

Détection de clashs

Pour pousser un peu plus loin la première utilisation (Familles et Simulation), il convient de ne pas oublier la possibilité d’utiliser les données maillées pour réaliser des détections de clash.

Deux possibilités pour ça dans l’environnement Autodesk :

  • Soit avec Navisworks
  • Soit avec Model Coordination dans le cloud Autodesk ACC
Exemple de détection de clash avec Model Coordination

On va ainsi encore plus loin dans l’analyse pour vérifier qu’il n’y a aucune interférence entre des éléments que l’on a modéliser, et la réalité du terrain. Ici encore, l’intérêt est de ne pas avoir à tout remodéliser pour réaliser ces opérations, ce qui permet de gagner énormément de temps.

Conclusion

En résumé, dans cet exemple d’utilisation d’un relevé scanner en usine, l’utilisation d’un maillage plutôt qu’un nuage de points permet plusieurs choses :

  • Alléger la donnée à manipuler d’un facteur 4 environ
  • De réaliser rapidement une classification des données
  • De nettoyer efficacement le relevé de tous le bruit et artéfacts
  • De limiter dans la modélisation à ce qui est nécessaire uniquement
  • De créer rapidement des familles d’objets
  • De réaliser des simulations avec les objets
  • De simplifier la tâche des modeleurs grâce aux classes d’objets
  • De réaliser des détections de clashs avec les éléments maillés

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